Histoires de survivants

ELLE EST ARRIVÉE À PANZI EN SE SENTANT INUTILE, ELLE EN EST REPARTI FORTE

Judith a porté un lourd fardeau pendant des mois. Après avoir trouvé la guérison et le pardon à Panzi, elle a désormais trouvé la force d'encourager d'autres victimes de violences sexuelles à prendre la parole.

À Bukavu, les pénuries d’eau sont une réalité quotidienne. Comme tant d’autres filles, Judith* n’avait d’autre choix que de se rendre à pied à la source de Wesha au milieu de la nuit pour aller chercher de l’eau. C’est là qu’elle a été agressée et violée, lors d’un de ces trajets nocturnes, à 3 heures du matin.

Pendant six mois, elle a porté ce lourd fardeau, seule, paralysée par la peur et la honte, jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus le cacher : à seulement 16 ans, elle était tombée enceinte. À la recherche d’aide, elle s’est rendue au centre Mwabana où elle a immédiatement été orientée vers l’hôpital de Panzi.

En 2025, l'hôpital de Panzi accueillait entre 80 et 130 victimes de violences sexuelles par mois. Parmi ces femmes et ces filles prises en charge dans notre établissement, 30 % avaient moins de 18 ans.

Son parcours vers la guérison a commencé à la consultation juridique, où elle a trouvé le courage de briser le silence et d'envisager de demander justice contre son agresseur.

Son parcours vers la guérison a commencé à la clinique juridique

Mes parents, comprenant ce que j'avais traversé, m'ont accueilli à bras ouverts et m'ont accueilli de nouveau chez eux.

Son parcours vers la guérison a enfin pu commencer, et elle a donné naissance peu après à un petit garçon en bonne santé. Grâce au soutien médical et psychologique apporté par l'équipe de Panzi, elle a pu rentrer chez elle auprès de sa famille, qui a préféré le pardon au jugement et l'a accueillie à bras ouverts, dans le cadre de notre programme de réintégration familiale.

La Maison Dorcas a redonné espoir à Judith en l'accueillant dans un programme de formation professionnelle. Ayant abandonné l'école en raison des préjugés et de la stigmatisation dont elle était victime au sein de sa communauté, elle avait perdu tout espoir en son avenir. Judith a suivi une formation en pâtisserie, une nouvelle opportunité qui lui permettra d'atteindre l'autonomie financière et de subvenir aux besoins de son fils.

« Ils m'ont apporté bien plus qu'une simple compétence technique : c'est le fondement de ma future entreprise, un moyen sûr d'élever mon fils en toute autonomie. »

Aujourd'hui, Judith est boulangère ; elle prépare du pain, des beignets et des gâteaux pour divers événements et fêtes communautaires.

Judith est arrivée à Panzi alors qu'elle était une jeune fille à qui on avait fait croire qu'elle ne valait rien ; elle en est repartie en femme épanouie. Aujourd'hui, elle souhaite faire entendre sa voix au sein de sa communauté et encourager d'autres victimes de violences sexuelles à se manifester et à retrouver leur dignité.

Avertissement : le nom utilisé dans ce récit est un pseudonyme destiné à préserver la vie privée de la victime. Les photos accompagnant ce contenu sont fournies à titre indicatif uniquement et ne représentent pas les personnes concernées.

En savoir plus sur les programmes auxquels elle a participé :

Rejoignez-nous pour aider les survivants congolais à reprendre leur vie en main.

Donner avec une autre monnaie
Veuillez utiliser les liens suivants pour faire un don dans la devise de votre choix :