Histoires de survivants

ELLE FAISAIT PARTIE DES RARES PERSONNES À ÊTRE VENUES À PANZI AVANT QU'IL NE SOIT TROP TARD

À Kinshasa, seules 11 % des victimes de violences sexuelles prises en charge au Centre de prise en charge intégrée sont examinées dans le délai critique de 72 heures. Bijou faisait partie de ces victimes, et cette décision a tout changé.

Un soir de février 2025, Bijou* rentrait chez elle après avoir fêté l'anniversaire d'une amie près de Bandale. Ce qui n'était au départ qu'un trajet de retour habituel en moto-taxi s'est transformé en une attaque effroyable, à quelques pas seulement de chez elle.

Pendant le trajet, le chauffeur a commencé à lui raconter l’histoire d’une femme qui s’était fait voler un jour par son chauffeur de moto sous la menace d’une arme. Bijou ne savait pas encore que cette histoire parlait d’elle et, alors qu’ils approchaient de sa rue, le chauffeur a continué plus loin que prévu et s’est arrêté brusquement.

Lorsqu'elle est descendue de la moto, il a pointé une arme sur sa tête, lui a pris ses 30 dollars en espèces et l'a forcée à s'éloigner de sa porte d'entrée pour l'emmener au coin de l'avenue, où il l'a brutalement violée.

Toujours sous le choc, Bijou est rentrée chez elle en larmes et a contacté une amie tard dans la nuit, qui lui a parlé de la clinique Panzi. Le lendemain matin, elle a franchi les portes de la clinique Panzi, où elle a immédiatement été orientée vers une assistante sociale qui l’a accueillie et l’a écoutée sans la juger.

En 2025, seuls 11 % des 303 cas de violences sexuelles pris en charge au centre « One Stop » de Panzi à Kinshasa ont été traités dans le délai de 72 heures. 

J'avais peur d'avoir contracté des maladies ou de tomber enceinte

Terrifiée à l'idée d'avoir contracté une maladie ou d'être tombée enceinte, le médecin l'a félicitée d'être venue dans le délai de 72 heures, un seuil critique pour le traitement que seule une infime partie des victimes parvient à respecter à temps.

En 2025, seuls 11 % des 303 cas de violences sexuelles pris en charge au centre « One Stop » de Panzi à Kinshasa ont été traités dans le délai de 72 heures.

Bijou se trouvait dans un état de choc psychologique grave, en proie à une profonde tristesse, à un sentiment intense de culpabilité et à des pensées suicidaires. Grâce au soutien global de l'équipe de Panzi, elle a retrouvé sa dignité et son sourire après avoir bénéficié de soins médicaux et psychologiques. On lui a offert un espace où se reposer, se remettre et guérir à son propre rythme.

Et un jour, lors d'une séance de thérapie de groupe à la clinique, elle s'est sentie capable d'incarner un modèle de résilience pour les autres survivantes, en leur montrant qu'il était bel et bien possible de retrouver sa force, de se reconstruire et d'avoir un impact positif sur la vie des autres.

Avertissement : le nom utilisé dans ce récit est un pseudonyme destiné à préserver la vie privée de la victime. Les photos accompagnant ce contenu sont fournies à titre indicatif uniquement et ne représentent pas les personnes concernées.

En savoir plus sur les programmes auxquels elle a participé :

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