À Bukavu, la sonnerie de la cloche de l'école a toujours marqué bien plus que le début d'une nouvelle année. C'est le signe que la vie, avec tous ses rythmes quotidiens, continue. Cette année, ce son revêt une signification particulière. Après plus d'un an d'occupation, la « normalité » a pris un tout autre sens pour les familles de notre communauté ; pourtant, les enfants continuent de lacer leurs chaussures, de ranger leurs cahiers et de franchir les grilles de l'école.
Chez Panzi, l'éducation ne s'est jamais limitée à la salle de classe. La Fondation Panzi donne à notre communauté les moyens de voir plus grand, d'acquérir de nouvelles connaissances et de jeter les bases d'un avenir plus prometteur et plus autonome. En cette période de rentrée scolaire, cette mission nous semble plus urgente et plus nécessaire que jamais.
En prévision de l'année scolaire 2026-2027, Panzi a distribué des kits scolaires et des fournitures à 220 bénéficiaires issus de deux de nos programmes : 63 bénéficiaires et leurs proches, de notre centre d'accueil et de soutien communautaire, la Maison Dorcas, et 157 bénéficiaires actuelles et anciennes du programme « Save A Girl », qui vient en aide aux jeunes filles âgées de 10 à 14 ans que nous avons sauvées des maisons closes de Bukavu.
Cette aide arrive à un moment où le simple fait de vivre au quotidien est devenu plus difficile. Pour des parents comme Mme Furaha, cette aide a été un véritable soulagement : « Nous sommes très reconnaissants envers la Fondation Panzi et ses partenaires de continuer à nous soutenir, nous et nos enfants. »
La guerre a bouleversé de nombreux aspects de la vie : fermeture des banques, des postes-frontières et des axes routiers principaux, déplacements de population… De nombreux foyers se retrouvent ainsi privés de revenus stables. Face à ces bouleversements, l’aide apportée par Panzi allège la pression financière qui pèse sur les familles, permet aux enfants de rester concentrés sur leur scolarité et offre aux parents un aspect de leur vie quotidienne qui leur semble encore à leur portée. Cependant, l’efficacité de nos efforts dépend entièrement du partenariat que nous avons établi avec notre communauté et avec les parents.
Yves Shangalume, directeur administratif et financier de la Fondation Panzi, a souligné l’importance de ce partenariat en cette période particulièrement difficile : « Les parents et la Fondation doivent s’unir et chacun jouer son rôle », a-t-il déclaré. « Le souci du docteur Mukwege, tout comme celui de la Fondation, est de voir cette génération faire des études, car priver un enfant d’éducation, c’est le priver d’un avenir. »
Cette préoccupation a pris un caractère d'urgence particulier, le ministère de l'Éducation à Kinshasa ayant récemment suspendu les activités scolaires dans les zones occupées par les rebelles, tandis que ces derniers sont intervenus pour désigner les responsables de ces établissements dans l'Est du pays. Ces décisions ont plongé de nombreux élèves dans l'incertitude quant à leur avenir, pris entre des autorités rivales.
Panzi continue d’offrir bien plus qu’un simple soutien matériel : nous accompagnons les familles et les élèves main dans la main, en leur apportant un soutien financier tout au long de leur parcours scolaire, parfois jusqu’à l’université, avec pour objectif d’investir dans l’avenir de toute une génération. Comme l’a dit le Dr Denis Mukwege, priver un enfant d’éducation, c’est le priver d’un avenir. En ce début d’année scolaire, nous souhaitons à chaque élève le courage et la réussite nécessaires pour réaliser ses rêves, et nous gardons l’espoir qu’un retour à la normale ne soit plus très loin.